MALOKO
NA
MANGANDO
O MBOA
SAWA-DUALA
Par
0Rosaline ENDALE ELESSA
RESTITUTION ET INTERPRETATION DES DONNEES
Il y a des notions qui nous interpellent ici et qu’il y a lieu d’expliquer pour la bonne compréhension du lecteur. Nous
allons donc apporter de brèves explications et une approche simplifiée de quelques mots et valeurs linguistiques duala.
- Mulemba ou sorcier :
c’est un personnage isolé et constant dans les jeux duala ; le joueur qui doit deviner la cachette d’un joueur ou d’un pion, il est tout aussi bien un meneur de jeux et sera indexé tout au
long de ces récits et pour cela, il est de bon ton que j’apporte des éclaircissements sur la procédure du choix d’un Mulemba. Au début de chaque jeu
on procède au préalable à la désignation du Mulemba. Je tiens à préciser que chaque groupe est libre quant à la façon de choisir son Mulemba, car il y a plusieurs procédures. Les joueurs sont
debout, en cercle, et récitent la formule indiquée ci-dessous :
- Fiko fiko mbodu
kańukańu ka bem, kańukańu ka teke vim ! Il m’est difficile de traduire ces paroles ; cependant teke (mot Ewondo dans la région du Centre au Cameroun) veut dire Non. Et Vim en duala veut dire Attraper.
Alors lorsque Vim est annexé à un joueur, c’est lui qui devient le Mulemba au début du jeu.
- Mbang mbong mbip na tena mboa
Dimit’Etame :
Mbang mbong mbip : disparition
Na tena mboa : jusqu’au domicile
Dimit’Etame : C’est le nom d’un habitant du village qui s’est installé loin du reste de la communauté, et qui
entra ainsi dans la légende comme “celui qui est très éloigné”. Aka subalaka n’bale e e n’bale : cri de victoire que pousse le vainqueur.
Dans ce manuel, nous ressortons deux parties :
1°- Les jeux proprement dits
2°- Les jeux-danses comme le Bolobo et ses chants.
LES JEUX
PROPREMENT DITS
Il serait absurde d’ignorer le fait que les jeux duala ont perdu depuis longtemps leur valeur. Les enfants de 25 ans à la
maternelle ignorent ce que sont ces jeux parce que les parents n’ont pu les leur apprendre, ce d’autant plus que plusieurs parents même ne les ont jamais pratiqués. Il va s’en dire que les
pupilles des familles aisées, n’étaient pas à proximité des jeux d’ensemble, parce qu’enfermés dans leur villas avec de grandes barrières et tout le tralala qui sait les entourer, chouchoutés par
des parents si nantis qu’ils pensent se suffire. Il n’en est pas de même des gosses des démunis qui eux, ont vécu dans de grandes concessions, entourés de la famille africaine au sens
élargi: plusieurs grandes mères, des tantes et oncles, beaucoup de cousins et cousines et tous les autres .Ils ont vécu dans l’ambiance des histoires, contes, jeux, et danses. Les soirs les
enfants étaient fébriles car ils voulaient rapidement terminer leurs occupations pour se retrouver dans la grande cour au clair de lune avec d’autres
enfants jusque tard dans la nuit, surtout les week-ends, pendant les congés et les grandes vacances pour vivre ces moments de pur bonheur.
1- NJO E MATOMBA
LA PANTHERE VA PASSER.
Njô e matomba est un jeu de soumission où les joueurs à nombre illimité sont assis à même le sol. Tous ceux qui y sont
intéressés prennent place dans le cercle que forment les joueurs. Plus il ya de joueurs, plus le cercle s’agrandit. A quelques mètres des
participants se tient un joueur isolé appelé Mulemba ou sorcier. Le Mulemba tient à la main une boule de chiffons ou encore un petit bâton, et en parcourant le cercle il chante :
Mulemba : Njô e matomba to moto a sombwa mbusa !
Les joueurs: Njô e e !
Mulemba :
Njô e matomba to moto a sombwa mbusa !
La panthère passe que nul ne se retourne!
Les joueurs : Njô e e !
Panthère
Mulemba : e ma singa
Il mugit
Les joueurs : Njô e e
Panthère
Mulemba : e ma topo
Il rugit
Les joueurs : Njô e e !
Panthère
Mulemba : Njô e matomba to moto a sombwa
Les joueurs : Njô e e !
Ainsi de suite. Mulemba doit tenir en respect les joueurs afin qu’ils ne se retournent pas et voient ce qui
se passe derrière eux, et pour ce faire, il va talocher ceux qui font du désordre ou qui cherchent à se retourner ; de temps en temps il va taper sur le dos d’un joueur pour le ramener à
l’ordre. Ceci étant, Mulemba va poser doucement la boule de chiffons derrière un joueur de son choix et il se précipitera pour aller s’asseoir à
l’endroit qui était au départ le sien. Il faut préciser que Mulemba doit atteindre sa place avant que le joueur derrière qui il a déposé la boule de chiffons ne le rattrape et ne le lui remette
entre les mains, car alors il lui devra reprendre sa place de Mulemba et continuer à assumer ce rôle aussi longtemps qu’il ne réussira pas à semer le joueur qu’il pointera. Mais au cas où il
réussit à s’asseoir sans au préalable se faire rattraper, c’est le joueur présumé qui va prendre la place du Mulemba, et à son tour entonnera le chant comme son prédécesseur.
Ce jeu d’une part, enseigne à l’enfant la soumission à la règle de jeu : non seulement il ne doit pas
regarder derrière, mais il doit rester éveillé, rester sur ses gardes pour être prêt à réagir, mais il doit aussi apprendre à être discret de peur de se faire attraper pendant qu’il dépose la
boule de chiffons derrière l’autre joueur.
2 - A BANA BAM
OOH !!!!!!!!
OH MES
ENFANTS !!!!!!!!!)
Jeu d’enfants mixte pour lequel les petits se répartissent de la manière suivante : l’un
d’eux joue le rôle de Njô (la panthère), un autre joue celui de la mère d’enfants, et le reste de joueurs jouent le rôle d’enfants ayant peur de la panthère.
La scène se passe sur une piste et il s’agit pour les enfants de tromper la vigilance de
Njô la panthère pour qu’ils puissent rejoindre leur maman. Gare à celui qui n’est pas rapide et vigilant, car Njô va alors l’attraper et le
dévorer. Les enfants chercheront donc à passer un à un et non tous à la fois. A la fin de l’interlocution de leur mère, un enfant tente sa chance.
La mère : A bana bam ooh !
Ooh mes
enfants !
Les enfants : eeeeh !
Ouiiiiiiii !
La mère : bińo ya
Venez
Les enfants : di si ben ngea
Nous
n’avons pas de chemin
La mère : nje ye
ngea ?
Qu’y
a-t-il sur le chemin ?
Les enfants :
njô ńe ngea
La panthère est sur le
chemin
La mère : bińo keka so na lo ye na mba
Débrouillez-vous
donc de venir à moi
Alors l’un des enfants se détache du groupe et fonce vers sa mère; s’il réussit alors il reste avec sa mère
mais s’il est rattrapé dans sa course par la panthère, il reste aux côtés de celle-ci. Dans tous les cas la maman recommence le dialogue jusqu’à ce que tous ses enfants réussissent la traversée
sauf bien sûr ceux qui sont rattrapés par la panthère.
3
- EBANGANDO.
C’est un pion à la forme circulaire, une sorte de noix utilisée pour la divination, une simple noix de palmiste ou encore un
caillou.
Le jeu se pratique par de jeunes garçons et filles. Les participants forment un cercle dont la grandeur est
fonction du nombre de participants. Ils se tiennent par la main et celui qui joue le rôle de Mulemba se place au milieu du cercle.
L’un des joueurs a le pion dans la main, et le jeu consiste à
passer ce pion au voisin à l’insu de Mulemba. Les joueurs entonnent donc le chant ci après :
Kûkû e kûkû e
Ebangando
Kûkû e kûkû e
Ebangando
Ye mo mbusa ye mo boso
Ebangando
Senga te belela be matopo no
Ebangando
Traduction: Kûkû
kûkû
Le pion circulaire
Kûkû kûkû
Le pion circulaire
Il est derrière lui, il est devant lui
Le pion à la marque circulaire
Ecoute les canards chanter Le pion circulaire
Les joueurs en chantant se prennent par la main et exécutent de manière synchronisée des mouvements de corps descendants à la manière de quelqu’un qui va s’accroupir, et à une certaine distance
du sol
remontent, toujours les mains unies. A Ebangando, il leur faut claquer les mains et c’est à ce moment que le détenteur du pion use de subterfuge pour faire
passer le pion à quelqu’un d’autre. Les moments de descente et de remontée sont émaillés de légers balancements du buste de gauche à droite en même temps que l’on prononce les paroles du
chant : ye mo boso ye mo mbusa (il est devant lui, il est derrière lui). Il faudra
ajouter à tout ceci le style personnel et la joie d’une danse qui frise ou dénote une raillerie à l’endroit de Mulemba dont la sagacité et la vigilance sont mises à rude épreuve. Son souci majeur
est donc de quitter ce poste très inconfortable du fait de la plus grande difficulté à trouver le pion entre les mains du receleur aussi vite que possible. Si par malheur il réussit à désigner le
détenteur du pion, ce dernier gagne le centre et devient à son tour le Mulemba chargé de désigner le dépositaire occasionnel du pion Ebangando, et ainsi de suite.
4 -
ESSANJA DIBANGA
(CORBEILLE DE CREVETTES)
Il s’agit ici d’un jeu - danse d’adolescents des deux sexes. Les danseurs forment un cercle, et en battant
les mains scandent
Traduction
Esandja dibanga Corbeille de crevettes
Na wawa na wa En abondance, en abondance
Ebud’a nyata e Etang de mâcherions
Na wa
En abondance
Esanja dibanga Corbeille de crevettes
Na wawa na wa En abondance
Ebund’a nyata e Etang de mâcherons
Na wa
En abondance
Koma maloko Bouge les muscles pectoraux
Na wawa na wa Avec bravoure
Yoms’eduee Tourne les reins
Na wa na wa Avec bravoure
Il s’agit pour les danseurs de parcourir à
tour de rôle toute la ronde en se faufilant entre les autres danseurs. Ainsi le premier joueur se détache et passe devant son voisin de droite, entre dans l’intervalle qu’il y a entre ce dernier
et son voisin de droite, contourne celui-ci, ressort par l’intervalle entre ce troisième et le quatrième joueur, passe devant lui pour s’engager de nouveau dans le même mouvement de
zigzag jusqu’à sa place de départ. Aussitôt qu’il atteint sa place, son voisin de droite s’élance pour faire le même parcours, ainsi de suite jusqu’à
ce que tous passent. Cependant il peut arriver à la convenance des joueurs de prolonger le jeu à plusieurs tours chacun. Ils restent seuls juges.
3 -
EBANGANDO.
C’est un pion à la forme circulaire, une sorte de noix utilisée pour la divination, une simple noix de palmiste ou encore un
caillou.
Le jeu se pratique par de jeunes garçons et filles. Les participants forment un cercle dont la grandeur est
fonction du nombre de participants. Ils se tiennent par la main et celui qui joue le rôle de Mulemba se place au milieu du cercle.
L’un des joueurs a le pion dans la main, et le jeu consiste à
passer ce pion au voisin à l’insu de Mulemba. Les joueurs entonnent donc le chant ci après :
Kûkû e kûkû e
Ebangando
Kûkû e kûkû e
Ebangando
Ye mo mbusa ye mo boso
Ebangando
Senga te belela be matopo no
Ebangando
Traduction: Kûkû
kûkû
Le pion circulaire
Kûkû kûkû
Le pion circulaire
Il est derrière lui, il est devant lui
Le pion à la marque circulaire
Ecoute les canards chanter Le pion circulaire
Les joueurs en chantant se prennent par la main et exécutent de manière synchronisée des mouvements de corps
descendants à la manière de quelqu’un qui va s’accroupir, et à une certaine distance du sol remontent, toujours les mains unies. A Ebangando, il leur faut claquer les mains et c’est à ce moment
que le détenteur du pion use de subterfuge pour faire passer le pion à quelqu’un d’autre. Les moments de descente et de remontée sont émaillés de légers balancements du buste de gauche à droite
en même temps que l’on prononce les paroles du chant : ye mo boso ye mo mbusa (il est devant
lui, il est derrière lui). Il faudra ajouter à tout ceci le style personnel et la joie d’une danse qui frise ou dénote une raillerie à l’endroit de Mulemba dont la sagacité et la vigilance sont
mises à rude épreuve. Son souci majeur est donc de quitter ce poste très inconfortable du fait de la plus grande difficulté à trouver le pion entre les mains du receleur aussi vite que possible.
Si par malheur il réussit à désigner le détenteur du pion, ce dernier gagne le centre et devient à son tour le Mulemba chargé de désigner le dépositaire occasionnel du pion Ebangando, et ainsi de
suite.
le livre serait en vente au stand n 18 à la fete du
NGONDO du 19 novembre au 4 decembre à DOUALA
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